Yvon Delbos, né le à Thonac (Dordogne), mort le à Paris (4e arrondissement), est un homme politique français de la Troisième République et de la Quatrième République.
Il fut notamment ministre des Affaires étrangères, de la Défense nationale et de l'Éducation nationale.
Biographie
Jeunesse et études
Pierre Stanislas Yvon Delbos est le fils d'un couple d'instituteurs de la Dordogne.
Son père, Pierre Delbos, né en 1856 à Carves (Dordogne), épouse en 1884 à Marquay (Dordogne) Eugénie Bordes.
Yvon Delbos effectue ses études secondaires au lycée de Périgueux, puis à partir de 1904, au lycée Henri-IV. Il prépare le concours de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm en classe préparatoire littéraire; il y est admis après avoir bicarré. Il y fréquente Henri Bonnet, André François-Poncet et René Massigli. Il étudie sous la férule de Gustave Lanson et fréquente parfois les bancs de l'École des hautes études en sciences sociales.
En 1911, après une première tentative infructueuse, il est reçu, le cinquième, à l'agrégation de lettres.
Il contribue à une édition critique des Méditations poétiques d'Alphonse de Lamartine. Il entre au Parti radical.
Parcours professionnel
Ne souhaitant pas devenir enseignant, Delbos se tourne vers le journalisme. Son ami de l'ENS, Raoul Anglès, le met en contact avec Justin Perchot, propriétaire du journal Le Radical. Il y est recruté avant même d'être reçu à l'agrégation, en 1911.
Le 31 juillet 1914, il s'entretient avec Jean Jaurès au siège de L'Humanité, deux heures avant l'assassinat de ce dernier.
Éditorialiste du quotidien Le Pays, créé en 1917, puis fondateur de son successeur le quotidien L'Ère nouvelle en 1919, il devient ensuite rédacteur de la Dépêche de Toulouse.
Parcours politique
Député radical-socialiste à vice-président de la Chambre des députés
En 1924, il est élu député de la Dordogne et devient président du groupe parlementaire radical-socialiste. En 1925, il est secrétaire d'État, et du au , il est ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts dans les cabinets Painlevé[Lequel ?]. De 1932 à 1936, il est vice-président de la Chambre des députés. Il contribue par ses vives critiques à la chute de Pierre Laval en 1935.
Il retrouve le gouvernement comme ministre de la Justice et vice-président du Conseil dans le cabinet Sarraut du au .
Ministre des Affaires étrangères et de l’Éducation nationale sous le Front populaire
Dans les gouvernements de Front populaire, il occupe tantôt la fonction de ministre des affaires étrangères tantôt celle de ministre de l’Éducation nationale. Chef de la diplomatie du au dans les cabinets Blum I et Chautemps III, il adopte une ligne conciliante à l’égard de l’Allemagne et doit faire face aux problèmes posés par la guerre d'Espagne à un gouvernement de gauche. En , il discute avec Józef Beck, son homologue polonais des affaires étrangères, du « projet de Madagascar ». Ses fonctions au Quai d’Orsay s’achèvent avec l’Anschluss, en .
En 1937, séduits par la vue du couple Blum, Yvon et Germaine s'installent au 2e étage du 25 quai de Bourbon à la même adresse que Blum qui vit au premier étage, après un moment d'hésitation par peur des commentaires que pourraient faire ses électeurs.
Ministre à la fin de la Troisième République
Il redevient ministre de l’éducation dans les gouvernements Daladier III et Reynaud, du au et du 5 au 16 juin 1940.
Il fait partie des 6 ministres qui, lors du dernier conseil des ministres du cabinet Reynaud le , souhaitent la poursuite des combats et refusent la proposition Chautemps de demander les conditions d'un armistice à l'Allemagne (les autres étant Marin, Monnet, Rio, Rollin, Sérol, contre 13 ministres en faveur de la proposition Chautemps: Baudouin, Bouthillier, Chautemps, Chichery, Eynac, Frossard, Jules-Julien, Pernot, Pétain, Pomaret, Queuille, Thellier, Ybarnégaray).
Entrée en résistance et déportation pendant la Seconde Guerre mondiale
Opposé à l'Armistice, il s'embarque le avec d'autres parlementaires sur le Massilia qui gagne Alger. Résistant, il fut arrêté et déporté à Oranienburg de 1943 à 1945.
Retour en politique
À l'élection de l'Assemblée nationale constituante de 1945, la liste radicale d'Yvon Delbos se place derrière la liste communiste et celle de la SFIO. Les deux partis se revendiquant « marxistes » emportent chacun deux sièges tandis que le cinquième revient à Yvon Delbos. Lucien Dutard est élu avec le chef de la liste communiste, Yves Péron. Yvon Delbos demeure député de Dordogne de 1946 à 1955.
Delbos est candidat à la présidence de la République aux trois premiers tours en . Il est élu sénateur RGR en et siège au Conseil de la République jusqu'à sa mort. Il meurt à son domicile parisien du 4e arrondissement le . Ses obsèques suivies de son inhumation ont eu lieu en Dordogne, à Montignac.
Il meurt à son domicile parisien du 4e arrondissement le . Ses obsèques suivies de son inhumation ont eu lieu en Dordogne, à Montignac.
Ministre de la IVe République
À la Libération, il est élu membre des deux Assemblées nationales constituantes et député jusqu’en .
- Ministre d'État du gouvernement Ramadier I (du au )
- Ministre d'État (France), Ministre de la Défense nationale (par intérim) du gouvernement Paul Ramadier (1) (du au )
- Ministre d'État (France) du gouvernement Ramadier II (du au )
- Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Marie (du au )
- Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Queuille I (du au )
- Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Bidault II et Gouvernement Bidault III (du au )
Positions
Fervent européen, il fut aussi membre de l’Assemblée de la Communauté européenne du charbon et de l'acier et vice-président de l’Internationale libérale.
Il est un ardent défenseur de l'école publique, et il fait ainsi appliquer en 1948 la loi, toujours en vigueur, qui octroie la qualité de fonctionnaires-stagiaires aux élèves des écoles normales supérieures.
En tant que ministre de la Défense nationale, il donne un avis très défavorable à l’amnistie de 15 des 18 tirailleurs sénégalais condamnés après le massacre de Thiaroye et encore en détention, amnistie qui était possible après le vote de la loi d’amnistie du 16 août 1947, la condamnation visant à camoufler le crime des officiers responsables du massacre.
Distinctions
- Grand-croix de l'ordre de la couronne de chêne (promotion 1937)
