La bastille de Quilbignon ou tour de la Motte-Tanguy est bâtie sur un tertre rocheux en bordure de la Penfeld, face au château de Brest, à Recouvrance. On y accède depuis la rue de la Porte par le square Pierre-Péron, au pied du pont de Recouvrance. Cette tour du XIVe siècle, abrite le musée du vieux Brest.
Histoire

L'origine de la tour médiévale n'a pu être déterminée de façon très précise, bien que l'on sache qu'elle ait été construite au cours du XIVe siècle.
En 1386 le duc de Bretagne Jean IV entreprit le siège du château de Brest occupé par les Anglais. Pour en assurer le blocus il s’appuya sur trois bastilles: l’une face au château, l’autre à Quilbignon sur la rive droite, dite « bastille de Quilbignon », simple fort en bois, et une en mer pour empêcher le ravitaillement en vivres des Anglais se trouvant dans le château. La bastille de Kernéguez fut prise et détruite par le duc de Lancastre, de même que celle située en mer. En 1387 Jean IV fit reconstruire les deux bastilles en pierre, bien plus fortes qu’avant. La batterie de Quilbignon était alors composée de huit tours, dont la tour Tanguy qui en aurait été la tour maîtresse.
Par la suite, la famille Du Chastel en fit l'acquisition après le départ des Anglais en 1397. Le nom de la bastille fit place à celui de tour Tanguy, prénom porté par plusieurs membres de cette lignée. Leurs armes sont gravées au-dessus de la porte.
Jusque vers 1580, la tour servit d'auditoire des seigneurs du Châtel, que l'on pourrait comparer à un tribunal, avant qu'ils ne transfèrent celui-ci dans une maison voisine.
Ensuite négligée, la tour tombe rapidement en ruine et reste dans cet état jusqu'au XIXe siècle. Le plan-relief de la ville, réalisé durant le Premier Empire, représente par exemple la tour sous la forme d'une dent creuse, dont il ne resterait que 2 à 3m de murs. Durant cette période, la propriété de la tour est mouvementée: elle est rachetée par la famille de Rohan-Guéméné en 1786, puis passa dans le domaine royal avant d'être vendue comme bien national pendant la Révolution au sieur Cabon. Elle devient à cette époque la tour Cabon.
En 1862, elle est acquise par l'architecte Barillé qui la transforme en maison d'habitation. Il fait percer des baies et construit à son sommet une sorte de kiosque coiffé d'un chapeau chinois, appelé la pagode par les habitants. En 1923, la tour devient la propriété de la famille de Victor Aubert, maire de Brest de 1904 à 1908, puis enfin est rachetée par son dernier habitant, le docteur Joseph Thielmans, médecin généraliste. Celui-ci soigne tous les habitants du quartier de Recouvrance et se fait payer en fonction des revenus de ses patients. L'accès à son cabinet se faisait par une porte située à l'arrière de la tour, via une passerelle peu sécurisée. Il la quitte après son incendie pendant les combats de 1944, qui détruisit notamment le pavillon chinois qui la recouvrait.
La ville de Brest en devient propriétaire le . Elle est sommairement réparée et son état se dégrade de nouveau. Son avenir est alors compromis par la reconstruction du quartier de Recouvrance. Finalement, en 1959, la ville charge le peintre Jim E. Sévellec d'évoquer au sein de la tour le passé de la ville dont il ne reste que peu de vestiges. Celui-ci va donc réaliser ses dioramas sur place, pendant 3 ans, avec uniquement des matériaux de récupération, notamment des bouchons de colle, de la mie de pain, des planches de bois,... La tour est restaurée et on inaugure le musée du vieux Brest le qui ne comporte alors que deux salles. Une troisième salle est ouverte au public en .
En 1971, la ville décide de lui ajouter une poivrière et de remplacer sa corniche néo-gothique par des créneaux pour lui donner une silhouette médiévale.
Le musée
Le musée abrite un ensemble de dioramas, tous réalisés par l'artiste brestois Jim E. Sévellec, représentant l'histoire de Brest du Moyen-Âge jusqu'à l'aube de la Seconde guerre mondiale. L'objectif de l'artiste était de remémorer aux brestois l'aspect d'une ville dans laquelle ils ont vécu mais qui n'existe plus du fait des bombardements, d'où la présence de plans anciens de Brest et de cartes postales en plus des œuvres de l'artiste.
Suite à la rénovation de la tour en 2022, ces derniers éléments ont été enlevés et déposés aux archives municipales de Brest, et la scénographie a entièrement été refaite avec, notamment, la présence d'audio-guides théâtralisés ainsi que l'ouverture du troisième étage.
Rez-de-chaussée
- Accueil
- Vidéo présentant l'histoire de Brest de manière ludique
1er étage
Six dioramas de Jim Sévellec présentant Brest du Moyen-Âge à la Révolution française, avec:
- « La tour de la Motte-Tanguy »[1]
- « Le dernier combat de Marie de la Cordelière », scène montrant la bataille de La Cordelière
- « Le château de Brest »: la reconstitution du château au début du XXe siècle.
- « La ville au début du XVIIe siècle »
- « L'ambassade de Siam », reconstitution de la venue à Brest de trois ambassadeurs du roi de Siam, accompagnés de six mandarins et d'une nombreuse suite, en 1686
- « La ville à la veille de la Révolution »
2e étage
Huit dioramas de Brest, du Premier Empire à l'Entre deux guerres:
- « Marché de la tour », scène du marché qui se tenait au pied de la tour deux fois par semaine.
- « Visite de leurs majestés impériales Napoléon III et l'impératrice Eugénie au port de Brest »
- « Le pont Impérial », représentation du Grand Pont tournant inauguré le , prédécesseur du pont de Recouvrance, qui reliait rive gauche et rive droite.
- « Vue générale de Brest en 1961 – la rue de Siam »
- « Le marché du Pouliquen », la place où se tenait ce marché représenté en 1910
- « Bar de l'aviation », situé au bas de la rue Kléber et de la rue Monge, 1934
- « Les escaliers de la fontaine », endroit pittoresque, vu en 1930
- « La rue Borda », qui descendait lentement vers la rue de la Porte, 1925
3e étage
Le troisième étage permet d'avoir, à travers les vitres, une vue générale sur la rade de Brest, le château, le centre-ville, le pont de Recouvrance, la Penfeld, les Ateliers des Capucins et le quartier de Recouvrance.
