Mylitta (grec Μύλιττα) est une divinité assyrienne. Hérodote et Strabon nomment Mylitta. Il existait, en effet, sous ce nom, à Babylone, un temple dont les rites rappelaient ceux des temples d’Astarté ou d’Aphrodite. Les femmes étaient, dit-on, obligées de se livrer, dans ce temple, une fois dans leur vie, aux étrangers qui, en échange de leurs faveurs, leur remettaient une pièce de monnaie.
La déesse Mylitta de Babylone mentionnée par Hérodote correspond à Mullissu, une déesse mésopotamienne, épouse du dieu assyrien Assur. Elle pourrait être identique à la déesse sumérienne Ninlil, épouse du dieu Enlil, ce qui expliquerait qu'Assur lui-même ait été inspiré d'Enlil. Le nom de Mullissu s'écrivait dnin.líl. À l'époque néo-assyrienne, Mullissu est identifiée à Ishtar de Ninive. Hérodote nommait également Mylitta, une déesse qu'il assimilait à Aphrodite, et qui pourrait être Mullissu. Le nom Mylitta pourrait dériver de Mulliltu ou Mullitta, la variante babylonienne de Mullissu, dont un culte était lié à l'é-kur de Nippur et l'autre à Kish (Sumer). Mulliltum était un épithète de Ninlil, qui apparaît sous la forme de Mullissu en néo-assyrien, en tant qu'épouse du dieu Assur. Elle est orthographiée mlš, ici aussi comme épouse d'Asshur (’šr), dans l'inscription de Sfire (A8) en Syrie, rédigée en araméen ancien (VIIIe siècle av. J.-C.). Son culte à la fin de la période babylonienne se reflète dans l'orthographe mwlyt (Mulit) telle qu'elle est transmise dans le corpus magique mandéen de l'Antiquité tardive.
Mylitta nous apparaît successivement à la base de la théogonie chaldéenne, comme représentant les ténèbres premières, et comme engendrant d’elle-même, sous l’action d’un principe supérieur, la forme androgyne de Baal-Mylitta, qui est la détermination primitive de l’univers, la lumière; comme divinité féminine panthée, distincte de Baal et mère de l’Amour; comme divinité mère, engendrant toute une série de divinités inférieures qui président au monde terrestre, servant de médiateur entre l’homme et les dieux supérieurs; comme divinité mâle substituée seule aux triades divines.
Source
« Mylitta », dans Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Administration du grand dictionnaire universel, 15 vol., 1863-1890 [détail des éditions].
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