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écrivain, philologue et historien français (1876-1962)

Julien Luchaire

Julien Luchaire

L’essentiel

date de naissance15 août 1876
date de mort12 mai 1962
scolaritélycée Henri-IV
occupationécrivain ou écrivaine, romancier ou romancière, professeur d'université
lieu de naissanceBordeaux
lieu de mort17e arrondissement de Paris
conjoint ou conjointeFernande Dauriac
employé(e) parfaculté des lettres de Grenoble
fonctionmembre de l'École française de Rome
distinction reçueprix Bordin

Julien Luchaire, né le à Bordeaux et mort le à Paris, est un universitaire et homme de lettres français, spécialiste de la littérature et de la civilisation italiennes.

Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de grammaire (1897) et docteur ès lettres (1906), il enseigne à l'université de Lyon, puis à l'université de Grenoble. En 1907, il devient directeur de l'Institut français de Florence. En 1919, il entre dans l'administration de l'Instruction publique, notamment comme inspecteur général, puis dans les services de la coopération intellectuelle internationale de la Société des Nations. Démissionnaire en 1930, il revient enseigner en France, puis redevient inspecteur général de 1937 à sa retraite en 1941.

Il est aussi l'auteur d'essais, d'ouvrages d'histoire de l'Italie, de romans et de pièces de théâtre créées au cours des années 1930. L'une de ces pièces, Altitude 3200 (1937), est jouée par sa petite-fille Corinne Luchaire (1921-1950) et Bernard Blier (1916-1989). Un film homonyme en est tiré en 1938, avec Bernard Blier et Blanchette Brunoy.

Grand-père de Corinne Luchaire, Julien Luchaire est le père de Jean Luchaire (1901-1946), journaliste pacifiste durant l'entre-deux-guerres, puis engagé sous l'Occupation dans la politique de collaboration.

Biographie

Origines familiales et formation

Fils de l'historien médiéviste Achille Luchaire (1846-1908), protestant, il est le petit-fils d'un autre historien, Jules Zeller (1819-1900), issu d'une famille juive[réf. nécessaire].

Après de brillantes études au lycée Henri-IV de Paris (1885-1894), il est admis à l'École normale supérieure et est reçu premier à l'agrégation de grammaire en 1897.

Mariages et descendance

Julien Luchaire se marie trois fois:

Ils divorcent avant la Première Guerre mondiale. En 1916, Fernande Dauriac épouse l’historien et homme politique italien Gaetano Salvemini (1873-1957);

Carrière

Carrière universitaire (1898-1907)

De 1898 à 1899, il est membre de l'École française de Rome, puis maitre de conférences à la faculté des lettres de l'université de Lyon (1900-1905).

Il obtient le titre de docteur ès lettres avec une thèse soutenue en 1906 à l’université de Paris, Essai sur l'évolution intellectuelle de l'Italie de 1815 à 1830.

Il est alors nommé professeur de langue et littérature italienne à l’université de Grenoble.

Directeur de l'Institut français de Florence (1907-1918)

En 1907, grâce à l’aide de cette université, il crée l’Institut français de Florence, le plus ancien institut français au monde, qu’il dirige jusqu’en 1918.

En , il crée avec Guglielmo Ferrero la Revue des nations latines, rédigée par des Français et des Italiens, qui s'attache à définir en quoi consistent le germanisme et ses dangers et à aider la science et l’art à se purifier des courants germaniques qui la dénaturent. Cette revue paraît jusqu’en . Elle a des collaborateurs prestigieux comme Gaetano Salvemini, Giuseppe Prezzolini, ou Benjamin Crémieux à qui Julien Luchaire confie des introductions ou des articles sous l’Occupation.

Dans l'administration de l'Instruction publique (à partir de 1919)

De 1919 à 1920, il est directeur des services de l’enseignement au ministère des Colonies, puis chef de cabinet d’André Honnorat, ministre de l’Instruction publique (1920-1921). Il est nommé professeur honoraire à l’université de Grenoble.

En 1921, il devient inspecteur général de l’Instruction publique, et est envoyé en mission spéciale d’inspection des professeurs détachés à l’étranger.

Expert de la coopération intellectuelle internationale (jusqu'en 1930)

Il est nommé expert à la Commission internationale de coopération intellectuelle de la Société des Nations, se liant d'amitié avec son président, le philosophe Henri Bergson, dont il devient un proche collaborateur. Sont aussi membres de cette commission Albert Einstein et Marie Curie. Précurseur, Luchaire attire l'attention de la commission sur le rôle du cinéma dans l’art et l’éducation.

En 1925, le gouvernement français crée à Paris l’Institut international de coopération intellectuelle, ancêtre de l’UNESCO, dont il prend la direction. Confronté aux divergences nationales des points de vue, il cherche à affirmer son autonomie, mais finit par démissionner en 1930.

Fin de carrière (1930-1941)

Ne retrouvant pas de poste comme inspecteur général, il refuse le poste de recteur de l'académie de Rennes.

Il enseigne à l’École pratique des hautes études de 1932 à 1937. Ayant retrouve un poste d'inspecteur général en 1937, il est mis à la retraite en 1941.

Activités politiques et littéraires (années 1930)

Il se présente sans succès aux élections législatives sous l'étiquette du parti radical[réf. nécessaire].

C’est à cette époque qu’il commence à écrire des pièces de théâtre, dont Boccace conte 19 (créée en 1934), où il confie un rôle à Madeleine Sologne qu’il avait remarquée dans une maison de couture[réf. nécessaire], et Altitude 3200 (1937), dont il fait jouer l'un des personnages par sa petite-fille Corinne.

Seconde Guerre mondiale

Dès 1933, Julien Luchaire dénonce le nazisme: « Quand je vois que la doctrine hitlérienne est tout entière fondée sur cette absurdité qu’est le racisme et qu'il me faudra donc avoir des contacts explicatifs, avec des gens dont je sais que la position fondamentale est imbécile », et qui œuvrent à « la plus grandiose entreprise d’oppression des esprits que le monde ait jamais vue » par la « persécution méthodiquement entreprise. En , dès le début de l'occupation allemande en France, il s'installe à Clermont-Ferrand, en zone libre, afin de protéger la famille de son épouse.

Dans le cadre de l’aryanisation des entreprises promue par le régime de Vichy, il assure la présidence des éditions du Sagittaire qui appartiennent à Léon Pierre-Quint. Il dirige cette entreprise en accord avec Quint et fait appel à de nombreux amis[Lesquels ?]. Il rend la société à son propriétaire en 1944, après la Libération.

En 1943, il y publie le premier tome de son autobiographie, Confession d’un Français moyen (1876-1914) (le second tome sera publié après sa mort).

Il n’adhère pas aux choix politiques de son fils Jean qui, pacifiste et partisan d'une réconciliation avec l'Allemagne au début des années 1930, passe à une collaboration avec le Troisième Reich sous l'Occupation, allant jusqu'à être membre du prétendu gouvernement français en exil à Sigmaringen à la fin de la guerre (1944-1945).

Après-guerre

À la Libération, il fait partie du Comité national des écrivains.

Disposant de relations de tous les bords, il rencontre ou est ami avec la plupart des intellectuels de l’époque, comme Edmond Fleg[pas clair], écrivain juif.

Julien Luchaire continue cependant d'avoir des relations avec son fils emprisonné, jusqu'à ce qu'il soit condamné à mort en 1946, ainsi qu'avec certains membres du gouvernement de Vichy. Il souffre d'une forme d'ostracisme à cause de son nom.

Julien Luchaire est aussi secrétaire de l'association France-Estonie.

Dernières années, mort et funérailles

Œuvres

Essais divers

  • Le Mouvement pour la rénovation de la culture nationale, Presses universitaires de France, 1900
  • La Crise de la science pure, 1900
  • La Protection et la diffusion du goût artistique
  • Le Désarmement moral, Paris, Valois, 1932

Ouvrages historiques

  • L’Église et le seizième siècle d'Alexandre Borgia à Sixte-Quint, 1904
  • Histoire des révolutions politiques de la commune de Sienne de 1365 à 1378, Lyon, 1906 * (en italien) Documenti per la storia dei rivolgimenti politici del comune di Siena dal 1354 al 1369, 1906
  • Essai sur l'évolution intellectuelle de l'Italie de 1815 à 1830, Paris, Hachette, 1906
  • Les Démocraties italiennes, Paris, Flammarion, Bibliothèque de philosophie scientifique, 1915
    Couronné par l’Académie française.
  • Les Sociétés italiennes du XIIe au XVe siècle

Autres

  • Confession d'un Français moyen (1876-1914), tome I, 1943
  • Confession d'un Français moyen (1914-1950), tome II, Florence Olschki, 1965

Théâtre

  • 1934: Boccace conte 19
  • 1937: Altitude 3200, comédie en trois actes et cinq tableaux mise en scène de Raymond Rouleau, théâtre de l'Étoile, avec Corinne Luchaire et Bernard Blier
  • 1939: Le Tocsin
  • 1941: François d’Assisse
  • 1941 Bérénice: Une femme et un roi, pièce en trois actes et six tableaux
  • 1943: Saint Louis, roi de France
  • 1952: Le Cheval arabe, comédie en un acte tirée de Boccace

Opéras

Adaptations au cinéma

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