Jean-Louis Claude Emmery, comte de Grozyeulx (, Metz - , Augny, château de Grozyeulx), est un magistrat et homme politique français. Il fut président de l'Assemblée Constituante du au , puis du 4 au .
Biographie

Jean-Louis Emmery naît à Metz le . Issu d'une famille d'origine juive, qui avait embrassé le catholicisme depuis deux générations, Jean-Louis est le fils d'un procureur au parlement de Metz. Lorsque la Révolution française éclate en 1789, Jean-Louis Emmery est avocat à Metz. Il adopte alors les idées révolutionnaires et, le , est élu député du tiers aux États généraux, par le bailliage de Metz, avec 22 voix sur les 23 votants. Jean-Louis Emmery y étant très actif, il est élu président de l'Assemblée Constituante du au , puis du 3 au . Le , il est par ailleurs élu juge au Tribunal de cassation.
Après la dissolution de l'Assemblée constituante, le , il s'occupe exclusivement des devoirs de sa charge de juge au tribunal de cassation. Le , représentant celui-ci, il se rend avec Thouret, Chabroud, Vieillard, tous ex-députés, à l'Assemblée Législative, pour y présenter un compte-rendu des travaux réalisés pendant la première année d'exercice. Il est président du tribunal de cassation lorsque, devenu suspect sous la Terreur, il est arrêté à son domicile « chez Perignon », notaire, rue Saint-Honoré, ne devant sa liberté qu'au 9 thermidor de l'an II. Le 21 germinal de l'an V, il est élu député de la Seine au Conseil des Cinq-Cents, par 292 voix sur 330 votants. Il se joint alors au parti modéré. Il en devient secrétaire le 1er thermidor de l'an V. Jean-Louis Emmery adhère au coup d'État du 18 brumaire et il est nommé, par Bonaparte, le 4 nivôse de l'an VIII au Conseil d'État, où il prend une part active à l'élaboration du code civil.
Le 2 fructidor de l'an XI, il entre au Sénat conservateur et devient, le 9 vendémiaire de l'an XII, membre de la Légion d'honneur (commandant le 25 prairial suivant). Créé Comte de l'Empire le , Emmery vote en la déchéance de Napoléon Ier. Il est nommé pair de France le suivant, par Louis XVIII. Resté fidèle aux Bourbons pendant les Cent-jours, il reprend en son siège à la Chambre des pairs, où il vote la mort du maréchal Ney et défend les libertés octroyées par la charte de 1814.
Il décède au château de Grozyeulx à Augny, en Moselle, le .
Il est le père de Jacques Emmery de Grozyeulx.
Titres
- Comte de Grozyeulx et de l'Empire (lettres patentes du , Bayonne);
- Pair de France:
- Pair « à vie » par l'ordonnance du ;
- Comte-pair héréditaire (, lettres patentes du , sans majorat).
Distinctions
- Légion d'honneur:
- Légionnaire (9 vendémiaire an XII: ), puis,
- Commandant de la Légion d'honneur (25 prairial an XII: ).
Armoiries
Chevronné d'or et d'azur, à la bordure componnée d'argent et de sable; franc-quartier des comtes-sénateurs.
- Livrées: jaune, blanc, bleu et noir.
D'azur, à trois chevrons d'or, à la bordure componnée d'argent et de sable, de vingt compons.|}
ou: D'or à trois chevrons d'azur; à la bordure componée de sable et d'argent de vingt pièces.
