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botaniste (1733-1815)

Carsten Niebuhr

Carsten Niebuhr

L’essentiel

date de naissance17 mars 1733
date de mort26 avril 1815
scolaritéUniversité de Göttingen
occupationmathématicien ou mathématicienne, explorateur ou exploratrice, cartographe
lieu de naissanceLüdingworth
lieu de mortMeldorf

Carsten Niebuhr, né à Lüdingsworth, Cuxhaven le et mort à Meldorf (Duché de Holstein) le , est un explorateur et géographe qui consacra sa carrière au service du Danemark et fut l'élève de Tobias Mayer. Il est connu pour son exploration de l'Arabie et du Yémen et pour avoir publié, en collaboration avec Abd-al-Rahman Aga, le premier vocabulaire en caractères latins de la langue haoussa.

Biographie

Carte du Yemen par C. Niebuhr
Carte du Yemen par C. Niebuhr

Jeunesse et formation

Fils de fermier et peu éduqué, il est paysan pendant plusieurs années. Il s'intéresse cependant aux mathématiques et parvient à suivre des cours pour devenir géomètre-expert. En 1760, un de ses maîtres lui propose de se joindre à l’équipe d’exploration scientifique que le roi Frédéric V de Danemark se prépare à envoyer en Égypte, en Arabie et en Syrie.

Afin de se qualifier pour ce travail, il étudie assidûment pendant les dix-huit mois qui précèdent le départ de l’expédition les mathématiques, la cartographie et l'astronomie avec Tobias Mayer (1723-1762), un des plus grands astronomes du XVIIIe siècle, auteur de la méthode de détermination de la longitude par la distance à la lune. Les observations de Niebuhr durant l'expédition en Arabie prouvent que l'utilisation de cette méthode par les marins est à la fois précise et pratique.Pendant cette période de préparation, Niebuhr réussit aussi à acquérir quelques rudiments d'arabe.

Expédition en Arabie

L’expédition prend la mer le et, arrivée à Alexandrie le au soir, voyage dans la région du delta du Nil pendant un an. Ensuite, l'expédition va à Suez en . De là, Niebuhr va au Mont Sinaï et, en , l’expédition quitte Suez pour Djeddah. Arrivés dans la ville portuaire de l'actuel Arabie Saoudite à l'automne 1762, les cinq scientifiques voguent ensuite vers Al Luḩayyah et continuent leur expédition sur dos d'âne ou de dromadaire dans le Tihāmah, région montagneuse du sud-ouest du Yémen. Sur la route de Mocha à Ta'izz, meurent d'épuisement et de maladie Friedrich Christian von Haven (1728-1763), philologue orientaliste et théologien danois, puis, peu après, le naturaliste suédois Pehr Forsskål (1732-1763). Les survivants visitent ensuite Sanaa en , mais souffrent tant du climat et du mode de vie qu’ils retournent à Mocha le .

Niebuhr retrouve la santé en adoptant les habitudes vestimentaires et alimentaires locales, explique t-il dans sa Description de l'Arabie: "Moi-même, voulant du temps de mes compagnons, vivre comme eux, à la manière d’Europe, j’essuyai plusieurs grandes maladies; mais ensuite, comme je n’étais environné que d’Orientaux et j’appris comment on devait s’y conduire, je voyageai en Perse et depuis de Basra par terre jusques à Copenhague en bonne santé, et sans rencontrer beaucoup de difficultés de la part des habitants de ces pays". (Carsten Niebuhr, Description de l'Arabie, p. VIII-IX).

De Mocha, l'expédition quitte la péninsule Arabique le pour gagner Bombay. Le dessinateur allemand Georg Wilhelm Baurenfeind (1728-1763) meurt pendant la traversée, et le médecin Christian Carl Kramer (1732-1764) peu après à Bombay. Niebuhr, devenu le seul survivant de l’expédition, demeure 14 mois à Bombay, puis rentre au Danemark en passant par Mascate, Bushehr, Chiraz et Persépolis, visitant les ruines de Babylone et se rendant ensuite à Bagdad, Mossoul et Alep. Après un détour par Chypre, il visite la Palestine, traversa les Monts Taurus pour se rendre à Bursa, atteint Constantinople en et Copenhague dix mois plus tard. De cette expédition danoise, Carsten Niebuhr laisse deux sources: son récit de voyage intitulé Voyage en Arabie traduit en français et édité en 1774, ainsi que sa Description de l'Arabie traduite et publié en 1772.

Collaboration scientifique avec Abd al-Rahman Aga

À l'été 1772, une ambassade venue de la régence de Tripoli arrive à Copenhague. Carsten Niebhur est sollicité pour soutenir l'interprète officiel, Andreas Æreboe (da), qui ne maîtrise pas suffisamment l'arabe. L'ambassade est dirigée par le diplomate et homme d’État tripolitain Abd-al-Rahman Aga, qui fréquente les cours européennes depuis 1763. Les deux hommes se rencontrent pour la première fois au domicile de l’ambassadeur tripolitain le 5 juillet, puis à de multiples reprises ensuite, jusqu'en novembre 1772. Au cours de ces rencontres, se noue une collaboration intellectuelle très riche, faite d'échanges de manuscrits, de traductions, Niebhur compose alors une série d'articles qui s’appuie sur les connaissances d'Abd-al-Rahman Aga, mais aussi sur celles de deux de ses deux esclaves venus avec lui à Copenhague, l'un originaire de Tombouctou et l'autre du pays haoussa. Cette série d'articles sont les "observations d'une personnalité de Tripoli sur l'intérieur de l'Afrique, recoupées avec les témoignages de deux serviteurs ou esclaves africains, puis analysées et mises en récit par un explorateur allemand spécialiste de l'Arabie". Le texte contient de surcroît la première liste de vocabulaire haoussa jamais transcrite en caractère latin. Il constitue donc une source exceptionnelle pour l'histoire de la coproduction des savoirs entre intellectuels africains et européens.

Carsten Niebuhr se marie en 1773. Il occupe pendant quelques années un poste dans l'administration militaire danoise, qui lui permet de vivre à Copenhague. En 1778, cependant, il accepte un poste dans l'administration du Holstein et part vivre à Meldorf, où il meurt en 1815. Il est élu membre étranger de l'Académie royale des sciences de Suède en 1776, et associé étranger de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1802.

Œuvres

Inscription en hiéroglyphes dessinée par C. Niebuhr
Inscription en hiéroglyphes dessinée par C. Niebuhr

Niebuhr est un observateur précis et attentionné. Doué de l'instinct du savant et d'une grande probité morale, il enregistre les résultats de ses observations avec une conscience rigoureuse et un grand désir de représenter la réalité. Les copies qu'il fait à Persépolis de l'écriture cunéiforme, par exemple, sont si précises qu'elles sont utilisées par la suite pour la déchiffrer. Ses œuvres ont longtemps été des classiques de la géographie, de l'ethnologie et de l'archéologie de la plupart des lieux qu'il parcourt en Arabie. Le premier volume, Beschreibung von Arabien, est publié à Copenhague en 1772, le gouvernement danois ayant financé les abondantes illustrations. En 1774 et 1778 suivent deux autres volumes, Reisebeschreibung von Arabien und anderen umliegenden Ländern. En 1837, longtemps après sa mort, le quatrième volume est publié par sa fille.

Il entreprend aussi de publier les travaux de son ami Pehr Forsskål, le naturaliste de l'expédition, sous le titre Descriptiones animalium, Flora Aegyptiaco-Arabica et Icones rerum naturalium (Copenhague, 1775-1776).

Niebuhr publie finalement, entre 1790 et 1791, les résultats de sa collaboration avec Abd-al-Rahman Aga et ses deux esclaves dans la revue Deutsches Museum, Neues Deutsches Museum, sous la forme de quatre articles: "Das Innere von Afrika" (1790), "Noch Etwas Über die Mohammedanischen Freistaaten in der Barbarei" (1791), "Noch Etwas Über die Mohammedanischen Freistaaten in der Barbarei" (1791) et "Noch Etwas Über das Innere von Afrika" (1791).

Traductions et biographies

Des traductions françaises et hollandaises de ses récits sont publiées durant sa vie, et une traduction résumée en anglais des trois premiers volumes de ses œuvres est publiée à Edimbourg en 1792. Son fils Barthold publie à Kiel en 1817 un court récit de sa vie, traduit en anglais en 1838. En 2012, les éditions de l'Aire (Suisse) publient une traduction en français moderne de son œuvre: Voyages en Arabie heureuse et autres pays de l'Orient. L'écrivain danois Thorkild Hansen publie en 1962 un récit romancé du voyage de l'expédition, traduit en français en 1981 sous le titre La mort en Arabie.Une expédition danoise, 1761-1767 et réédité en 1994 et 2002 par Actes Sud.

Œuvres scientifiques de Carsten Niebuhr

  • (de) Carsten Niebuhr, Beschreibung von Arabien: aus eigenen Beobachtungen und im Lande selbst gesammleten Nachrichten, Copenhague, , 432 p. (lire en ligne).
  • (de) Carsten Niebuhr, Carsten Niebuhrs Reisebeschreibung nach Arabien und andern umliegenden Ländern (tome 1), Copenhague, , 506 p. (lire en ligne)
  • (de) Carsten Niebuhr, Carsten Niebuhrs Reisebeschreibung nach Arabien und andern umliegenden Ländern (tome 2), Copenhague, Hamburg, , 479 p. (lire en ligne)
  • Carsten.Niebuhr, "Über Längen-Beobachtungen im Orient u.s.w. Aus einem Schreiben des königl. Dänischen geheimer Justiz-Raths Carsten Niebuhr". Monatliche Correspondenz zur Beförderung der Erd- und Himmels-Kunde 4 (1801), pp. 240–253.
  • Carsten.Niebuhr, Biographische Nachrichten aus Tobias Mayer's Jugendjahren aus einem Schreiben des Königlich Dänischen Justiz-Raths C. Niebuhr, Monatliche Correspondenz zur Beförderung der Erd-und Himmels-Kunde 8 (1803), pp. 45–56, and 9 (1804), pp. 487–491.
  • (de) Carsten Niebuhr, Reisebeschreibung nach Arabien und anderen umliegenden Ländern Dritter Band C. Niebuhr's Reisen durch Syrien und Palästina, nach Cypern und durch Kleinasien und die Türkei nach Deutschland und Dännemark. Mit Niebuhr's astronomischen Beobachtungen und einigen kleineren Abhandlungen herausgegeben von J. R. Gloyer und J. Olshausen, Hamburg, bei Friedrich Perthes, , 463 p. (lire en ligne).

En collaboration avec Abd al-Rahman Aga

  • (de) Carsten Niebuhr, « Das Innere von Afrika », Neues Deutsches Museum, vol. 2,‎ , p. 963–1003 (lire en ligne )
  • (de) Carsten Niebuhr, « Noch Etwas Über die Mohammedanischen Freistaaten in der Barbarei », Neues Deutsches Museum, vol. 1,‎ , p. 1-26 (lire en ligne )
  • (de) Carsten Niebuhr, « Noch Etwas Über die Mohammedanischen Freistaaten in der Barbarei. Fortsetzung », Neues Deutsches Museum, vol. 2,‎ , p. 115-133
  • (de) Carsten Niebuhr, « Noch Etwas Über das Innere von Afrika », Neues Deutsches Museum,‎ , p. 419-435 (lire en ligne)

Ouvrages réédités et traduits

  • Carsten.Niebuhr, Rejsebeskrivele fra Arabien og andre omkringliggende Lande, traduit par Hans Christian Fink, avec une introduction de Michhael Harbsmeier. 2 vols., Copenhage, 2003.
  • Carsten.Niebuhr, Beskrivelse af Arabien ud fra egne iagttagelser og i landet selv samlede efterretinger, traduit par Hans Christian Fink, avec une introduction de Niels Peter Lemche. Copenhage, 2009.

À lire ensuite

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