
Agnolo Gaddi, né vers 1350 et mort en 1396, est un peintre italien de l'école florentine.
Fils du peintre Taddeo Gaddi, élève de Giotto, Agnolo est mentionné pour la première fois en 1369 à Rome, où il travaille au palais du Vatican pour le pape Urbain V. De retour à Florence, il y exécute la plus grande partie de son œuvre, dont les fresques de la chapelle majeure de la basilique Santa Croce, consacrées à la légende de la Croix, et celles de la chapelle Castellani dans la même église.
De 1392 à 1395, il peint à Prato les fresques de la chapelle de la Sainte Ceinture de la cathédrale, consacrées à l'histoire de la Vierge et de la Sainte Ceinture. Il renouvelle aussi les vitraux du chœur de Santa Croce et conçoit des vitraux pour la cathédrale de Florence.
Il forme Cennino Cennini, auteur d'un traité sur la peinture. La National Gallery de Londres le compte parmi les principaux peintres florentins de la fin du XIVe siècle et estime qu'il prolonge le style de son père jusque dans les dernières années du siècle.
Biographie
Famille
Agnolo Gaddi est le petit-fils du peintre Gaddo di Zanobi et le fils de Taddeo Gaddi, disciple de Giotto. Taddeo a cinq fils, Giovanni, Niccolò, Agnolo, Zanobi et Francesco, dont les trois premiers sont peintres.
Agnolo naît vers 1350. Il se forme probablement dans l'atelier de son père.
Vatican
En 1369, Agnolo reçoit des paiements, avec un groupe d'artistes comprenant Giovanni da Milano, Giottino et son frère Giovanni, pour le décor, aujourd'hui perdu, du palais du pape Urbain V au Vatican. Le registre de paiements, de juillet à septembre 1369, concerne des travaux exécutés dans deux chapelles du palais, pendant le séjour d'Urbain V à Rome, d'avril 1367 à avril 1370.
La National Gallery de Londres le présente comme l'assistant de son frère sur ce chantier, tandis que la National Gallery of Art de Washington estime qu'il devait alors déjà être reconnu comme un maître à part entière.
Retour à Florence
Agnolo est de retour à Florence en 1376 et devient membre de la corporation florentine avant 1381. Les fragments de fresques de l'ancien monastère de San Domenico del Maglio, à Florence, sont exécutés en 1376 d'après les documents.
Prato
À partir de 1383, il travaille pour le marchand de Prato Francesco di Marco Datini. Il peint les fresques de la chapelle de la Sainte Ceinture de la cathédrale de Prato entre 1392 et 1395.
Dernières années et mort
Entre 1394 et 1396, il conçoit des vitraux pour la cathédrale Santa Maria del Fiore de Florence.
Il meurt en 1396 et est inhumé le dans l'église Santa Croce de Florence.
Œuvre
Premières œuvres
Selon la National Gallery of Art de Washington, ses premières œuvres, dont le triptyque daté de 1375 de la Galerie nationale de Parme et les fragments de fresques de San Domenico del Maglio, se caractérisent par une couleur dure et des compositions chargées, peuplées de figures aux mouvements pesants et à la stature massive.
La date de 1375 du triptyque de Parme est contestée. Roberto Salvini, qui cherche à expliquer le caractère siennois de l'œuvre, visible dans ses figures « esili e delicate » et dans le « senso di preziosità » du tableau, rejette l'authenticité de la date inscrite sur la marche du trône: il la juge repeinte et en contradiction avec le style d'une œuvre qu'il place dans les dernières années du siècle. Gronau, en 1937, accepte une datation au dernier quart du XIVe siècle et donne l'œuvre à l'atelier d'Agnolo Gaddi, en relevant sa dérivation du retable Strozzi d'Orcagna, conservé comme elle à Santa Maria Novella.
Santa Croce
Chapelle Castellani
Dans la basilique Santa Croce, il peint les histoires de saint Antoine, de saint Jean-Baptiste, de saint Jean l'Évangéliste et de saint Nicolas dans la chapelle dont la famille Castellani a le patronage. Les histoires de saint Antoine pourraient être l'œuvre de Gherardo Starnina.
Roberto Salvini a réuni sous une même désignation plusieurs œuvres, dont les fresques de la chapelle Castellani et un triptyque de la collégiale d'Empoli.
Chapelle majeure
Selon Vasari, la famille Alberti lui commande le décor de la chapelle majeure de Santa Croce. Les histoires de la légende de la Croix, tirées de la Légende dorée de Jacques de Voragine, y sont racontées avec une richesse d'épisodes qui, selon le Dizionario biografico degli italiani, servira d'exemple aux cycles toscans du siècle suivant. La complexité et la liberté de leurs solutions spatiales conduisent à les dater après le cycle Castellani, entre 1385 et 1390.
Le décor a fait l'objet d'une restauration de 2005 à 2010.
Agnolo renouvelle également les vitraux du chœur de Santa Croce, probablement à la même époque que ses fresques.
Chapelle Bardi
Vasari lui attribue les fresques, perdues, de la chapelle de Saint-Louis de la famille Bardi à Santa Croce; le seul fragment conservé, à la voûte, est reconnu comme une œuvre de Taddeo Gaddi.
Chapelle de la Sainte Ceinture à Prato
Dans les fresques de la chapelle de la Sainte Ceinture de la cathédrale de Prato, peintes entre 1392 et 1395, Agnolo associe au cycle marial, calqué dans plusieurs scènes sur celui de son père dans la chapelle Baroncelli de Santa Croce, le récit d'événements survenus deux siècles plus tôt seulement. Le Dizionario biografico y relève un retour aux valeurs figuratives du début du XIVe siècle, illustré par des compositions d'une clarté et d'une rationalité nouvelles.
Les documents mentionnent la présence d'assistants, Bartolomeo di Fruosino, Vittorio et Neri d'Antonio. Parmi ses collaborateurs figure aussi le Maître de la chapelle Manassei, auteur des fresques de cette chapelle de la cathédrale de Prato, que Luciano Bellosi propose d'identifier avec Arrigo di Niccolò.
Vitraux de la cathédrale de Florence
Les vitraux qu'il conçoit pour la cathédrale Santa Maria del Fiore en 1394-1396 peuvent être rapprochés de quatre fenêtres, figurant vingt-quatre saints, dans les troisième et quatrième travées des deux bas-côtés.
Dessin
Le cabinet des dessins du château des Sforza de Milan conserve une feuille figurant Cinq têtes de jeunes gens et une tête d'agneau, vers 1380, à la plume, au pinceau et au bistre sur parchemin, l'un des plus anciens dessins de la collection. L'hypothèse la plus accréditée l'attribue à Agnolo Gaddi et la date des années 1380, en raison de la ressemblance de ses types masculins avec les figures du chœur de Santa Croce; le dessin a aussi été rapproché des fresques d'Ambrogio Lorenzetti à San Francesco de Sienne, ou attribué à un artiste florentin actif vers 1420.
Œuvres perdues ou discutées
Vasari rapporte qu'Agnolo restaure les mosaïques du XIIIe siècle de la coupole du baptistère; Baldinucci date cette intervention de 1384, et la notice a été discutée par Giusti en 1994. Rien ne subsiste des fresques de la chapelle majeure de Santa Maria del Carmine.
Gombosi a rapproché en 1926 la Crucifixion de la galerie des Offices d'un ensemble peint par Agnolo Gaddi, mais un avis différent a été exprimé à ce sujet.
Réception critique
La National Gallery de Londres le compte parmi les principaux peintres florentins de la fin du XIVe siècle et estime que son œuvre prolonge le style de son père jusque dans les dernières années du siècle.
Élèves
Agnolo Gaddi forme Cennino Cennini, auteur d'un traité sur la peinture du XIVe siècle.
Œuvres








| Date | Œuvre | Lieu |
|---|---|---|
| 1375 | Triptyque de la Vierge à l'Enfant en majesté entre des anges et des saints, datation discutée | Galerie nationale, Parme |
| 1376 | Fragments de fresques | Ancien monastère de San Domenico del Maglio, Florence |
| vers 1380 | Cinq têtes de jeunes gens et une tête d'agneau, dessin, attribution | Château des Sforza, Milan |
| Histoires de saint Antoine, de saint Jean-Baptiste, de saint Jean l'Évangéliste et de saint Nicolas | Chapelle Castellani, Santa Croce, Florence | |
| 1385-1390 | Légende de la Croix | Chapelle majeure, Santa Croce, Florence |
| Vitraux du chœur | Santa Croce, Florence | |
| 1392-1395 | Histoires de la Vierge et de la Sainte Ceinture | Chapelle de la Sainte Ceinture, cathédrale de Prato |
| 1394-1396 | Projets de vitraux | Cathédrale Santa Maria del Fiore, Florence |
